Un secteur laitier durable en Europe - La filière laitière française engagée pour préserver les ressources en eau

26 juin 2019

Le 25 juin 2019, 60 experts de l’environnement et du climat se sont réunis à la Maison de la Mutualité à l’initiative du Cniel, interprofession laitière, dans le cadre d’un programme co-financé par la Commission européenne, mené en collaboration avec 5 autres pays européens : Belgique, Danemark, Irlande, Royaume-Uni (Irlande du Nord) et Pays-Bas.
L’ambition de ce programme européen est de faire et faire-savoir : le secteur laitier français prend ses responsabilités, met en avant sesatouts environnementaux et s’engage faceaux défis du changement climatique.

L’eau, une ressource vitale à l’activité laitière
Ces dernières années, la filière laitière a été impactée par des épisodes de sécheresse et les restrictions d’eau préfectorales. De la ferme à la laiterie, l’eau est indispensable pour abreuver les animaux, cultiver l’alimentation du troupeau, nettoyer les équipements comme la salle de traite, le camion de collecte ou encore les chaines de transformation. Il est donc important de trouver des alternatives et de préserver cette ressource vitale non renouvelable pour s’adapter au changement climatique.
En prenant en compte les enjeux sociétaux, le secteur laitier français a initié de nombreuses démarches de progrès ces dernières années pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre, mieux gérer l’eau, les sols, maintenir de la biodiversité.

82 % des Français déclarent qu’il faut changer les manières dont nous consommons et produisons notre nourriture*. Depuis quelques  années,  la  qualité  de  l’eau  s’améliore  en  France,  grâce  entre  autres  aux   modifications   des pratiques d’élevage. En 10 ans, le secteur a économisé 20 % des volumes d’eau. À travers différents programmes, de la ferme à la laiterie, la filière française veut généraliser les bonnes pratiques pour poursuivre les efforts entrepris, tant pour optimiser son usage qu’améliorer sa qualité. Grâce aux efforts de tous, la France sera une terre de lait durable.”
Caroline Le Poultier, directrice générale du Cniel

* Selon l’enquête réalisée en avril 2019 par Userneeds pour le Cniel

Préserver l’eau en améliorant sa qualité
En France, l’amélioration de la qualité de l’eau dans les régions d’élevage herbivores est une tendance confirmée par les données 2014-2015 du réseau de surveillance de la Directive Nitrates. Selon les travaux de recherche menés par l’Institut de  l’Élevage,  lorsque  l’élevage  régresse  au  profit  des  cultures,  les  teneurs  en  nitrates  augmentent.  La matière organique issue des fermes est une ressource stratégique pour maintenir des sols vivants avec une activité biologique efficace qui permet de réguler la concentration des nitrates et ainsi de garantir une eau de qualité.

Ces dernières décennies, la forte implication des éleveurs  a contribué à la reconquête significative de la qualité  de l’eau en zone vulnérable. En finançant plus de 2 milliards d’euros de la mise aux normes entre 2002 et 2010, les programmes PMPOA (Programme de maîtrise des pollutions d’origine agricole) ont permis d’adapter les bâtiments et d’acquérir les moyens de mieux stocker les effluents en construisant par exemple des fosses. Cette évolution des pratiques d’élevage a engendré plusieurs effets positifs mesurables dont la diminution des apports de synthèse azotés aux cultures au profit des apports azotés raisonnés issus des effluents d’élevage.

Préserver l’eau en optimisant sa consommation
Réalisé par Actalia pour le Cniel, le programme AQUAREL a audité une soixantaine de sites industriels laitiers afin de recenser les solutions écoresponsables existantes pour gérer l’eau de manière optimale. L’objectif est que d’ici 2025, 100 % des entreprises laitières mettent en place les bonnes pratiques identifiées.

L’une des pratiques les plus répandues consiste à recycler l’eau extraite du lait, lors de sa transformation en  produits laitiers (le lait contient 88 % d’eau).  Cette eau issue du lait peut servir aux opérations de lavage, à remplir les chaudières, à refroidir des produits ou encore à nettoyer l’extérieur des camions de collecte et évite ainsi d’utiliser des volumes importants de l’eau de ville. Les eaux rejetées par la laiterie sont ensuite traitées dans des stations d’épuration. 80 % des entreprises laitières possèdent leur propre station d’épuration ou une station de prétraitement des eaux. La pollution retenue se transforme, sous l’effet de bactéries naturelles, en boues. Elles sont soit incinérées, soit épandues dans les champs pour fertiliser naturellement le sol.

Quelques chiffres sur la filière laitière française 

 

 

 

L’EMF (European Milk Forum) est un réseau actif de huit organisations laitières européennes qui vise à promouvoir les échanges professionnels et la réflexion autour d’initiatives collectives. Les membres de l’EMF poursuivent un but commun : développer des programmes d’information et de promotion sur le lait et les produits laitiers en Europe.

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