La filière laitière tire la sonnette d’alarme sur le lait de montagne et formule des propositions d’actions collectives pour rester compétitive et moteur des territoires

2 octobre 2019

Le 2 octobre 2019, lors du Sommet de l’élevage à Clermont-Ferrand, le Cniel, filière laitière française, a organisé une table ronde sur le thème « Quel avenir pour la filière lait de montagne ? ». A cette occasion, la filière alarme sur la situation économique extrêmement préoccupante, à un point de rupture, des filières laitières de montagne et rappelle aussi le rôle de vitalité que cette activité a pour les territoires. En présence des pouvoirs publics, la filière propose d’urgence une réflexion collective pour éviter la disparition de son activité porteuse de vitalité sociale, économique, environnementale et culturelle pour les territoires des Alpes, du Jura, du Massif Central, des Pyrénées et des Vosges.

Vers un risque réel de disparition totale des fermes laitières montagnardes
La disparition de la filière laitière de montagne porte en elle un risque économique, social et politique très lourd. Environ 65 000 emplois directs et indirects dépendent de son dynamisme économique. Une baisse annuelle constante d’environ 5% du volume de lait collecté pendant 5 ans se traduirait par la perte d’environ 10 000 emplois, impactant ainsi directement près de 29 000 personnes.
Un décrochage durable des zones de montagne conduirait à une forme d’« archipellisation » territoriale contraire au contrat social, incarné par la République. Cette situation engagerait une déconnexion durable des espaces ruraux de montagne du reste du territoire français. 

Une forte déprise, liée à un manque de compétitivité important
Prise en étau entre une conjoncture internationale défavorable et un marché intérieur morose, la filière laitière de montagne se situe à la croisée des chemins. En 10 ans, le nombre de producteurs de lait a drastiquement baissé : de 19 à 47% selon les départements dans le Massif Central, le Jura et les Alpes, de 52% dans les Pyrénées.

Depuis 2013, l’instabilité fiscale et réglementaire, ainsi que la baisse des revenus des producteurs ont conduit à une lourde perte de la compétitivité de l’activité laitière en zone de montagne. La topographie particulière de la montagne engage d’une manière générale des coûts de production, de collecte et de transformation plus élevés qu’en plaine. 
En moyenne, le coût de production pour 1 000 litres de lait est entre 30% et 43% supérieur en montagne qu’en plaine. In fine, un différentiel de 88 euros subsiste entre le prix de revient et prix perçu réellement pour offrir un niveau de salaire équivalent à deux SMIC mensuels par actif de la filière. Le surcoût moyen de collecte est de 14 € / 1000 litres.

Un appel à la co-construction pour une filière durable 
Les menaces de pérennité de l’activité laitière de montagne étant réelles, l’ensemble des acteurs de la filière (éleveurs, entreprises privées et coopératives) sollicite un accompagnement des pouvoirs publics pour accélérer sa transformation et devenir compétitive, porteuse d’avenir. Pour éviter la paupérisation de ses territoires, la filière laitière de montagne souhaite contribuer activement à sa redynamisation, en étant force de propositions innovantes. 

Des propositions concrètes pour incarner l’agriculture de demain
Deux scénarios ont été modélisés par le Cniel, l’interprofession laitière, à l’échelle du Massif Central et des Alpes pour mesurer l’impact d’une baisse continuelle de la collecte de lait à l’horizon 2024. La dissolution de la filière laitière de montagne aura un impact drastique sur les populations locale
s notamment sur l’emploi et l’environnement, dont le coût est estimé entre 67,3 et 141,5 millions d’euros par an.

A court terme, l’interprofession laitière recommande un allègement des coûts de production, de collecte et de transformation nécessaire pour rétablir une forme d’équité entre les zones de montagne et les zones de plaine. A moyen-long terme, la filière lait de montagne s’engage à créer un nouveau modèle, projection de ce que pourraient être une filière agricole du futur, sûre, compétitive et écologique valorisant les territoires. 


« Dans notre plan de filière, nous nous sommes engagés à maintenir du lait sur l’ensemble des territoires. L’activité laitière en montagne est porteuse d’activité économique pour les éleveurs, collecteurs et transformateurs. Mais pas seulement. Cette activité est porteuse de vitalité sociale, économique, environnementale, culturelle et gastronomique. Nous demandons aujourd’hui aux pouvoirs publics de partager cette situation d’alerte et de se joindre à notre réflexion pour trouver des leviers innovants, viables et réalisables pour une filière laitière de montagne compétitive, et créatrice de valeur pour tous ses acteurs. » Thierry Roquefeuil, Président du Cniel.
 

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